De la gouvernance de la complémentarité humain – robotique – IA

De la gouvernance de la complémentarité humain – robotique – IA

Face à un marché mondial de la robotique et des technologies de l’intelligence artificielle (IA) en forte croissance, et à la transformation en profondeur de l’organisation du travail, le nouvel enjeu est celui de la gouvernance de la complémentarité humain – robotique – IA. 

Le marché mondial de la robotique en 2017 et ses évolutions à 5 ans.

Selon les estimations des différentes études disponibles, le marché de la robotique et de l’intelligence artificielle pourrait atteindre 153 milliards de dollars en 2020, dont 83 milliards pour les robots et 70 pour les produits à base d’intelligence artificielle.

Ce marché n’est pas comparable au marché mondial du véhicule automobile qui est estimé à 1000 milliards de milliards.

Les différents marchés de la robotique

Le marché mondial des services en robotique industrielle :

Selon le cabinet d’analyses britannique Technavio, le marché mondial des services en robotique industrielle, devrait connaître un taux de croissance annuel moyen (CAGR) de plus de 9 % sur la période 2017 à 2021. Cette tendance s’expliquerait par « une forte demande en prestations personnalisées comprenant la conception, la simulation, la mise en service et le support d’équipements de robotisation ».

Les grands déterminants des marchés de la robotique

Robotique déterminants dumarché

Déterminants du marché de la robotique

Les secteurs à fort potentiel de développement en France

Selon l’avis de Xerfi-Precepta, la robotique industrielle française se porte plutôt bien. Près de 3300 robots multifonctions ont été vendus en 2016 (+8,4%), plaçant ainsi le marché hexagonal au pied du podium européen.

Un dynamisme porté par des politiques publiques volontaristes, multipliant les dispositifs d’aides à l’achat.

Mais selon l’avis de Xerfi-Precepta, le volume des livraisons se réduira à court terme avec la fin du dispositif de « suramortissement Macron ». La fin de ce dispositif est partiellement effective depuis le 14 avril 2017. Introduit en 2015 dans le cadre de la loi dite « Macron », le dispositif fiscal d’amortissement supplémentaire sur les investissements industriels s’est partiellement arrêté le 14 avril 2017. Une décision que le Symop, organisation professionnelle des créateurs de solutions industrielles qui a contribué à l’élaboration de cette mesure, déplore.

Selon l’étude Xerfi-Precepta, le chiffre d’affaires des « entreprises spécialisées dans la robotique industrielle présentes commercialement ou industriellement en France devrait reculer de 3% en 2017, avant de se redresser légèrement en 2018 et 2019 pour se stabiliser autour de 3200 unités ».

Le marché de la robotique est structuré en 8 secteurs clés :

  • Robots industriels : cobotique, intégration au sein d’usine du futur, cybersécurité,
  • Robots logistiques : robots picking pour le e-commerce, robots inventaires,
  • Robots agricoles : en remplacement de certains matériels agricoles,
  • Robots de santé : certification, achats par les établissements de santé,
  • Robots ménagers : facilité d’usage,
  • Robots jouets : importante valeur émotive,
  • Robots compagnons : développement en open source,  développement de nouveaux usages,
  • Robots militaires : UAS, RPAS, UGV.

La montée en puissance de la robotique dans les services domestiques et professionnels avec le développement des applications

Les robots ne cessent de conquérir de nouveaux domaines d’application, tant en robotique de service personnelle ou domestique qu’en robotique professionnelle de service. Certains domaines d’applications de la robotique sont en passe de bouleverser de nombreux métiers. 

Applications Areas Services Robots for Personal Uses

Applications Areas Services Robots for Personal Uses

Applications Areas Services Robots for Professional Uses

Applications Areas Services Robots for Professional Uses

L’investissement dans la robotique.

Selon Morningstar, les flux cumulés dans des fonds « robotique » ont atteint 1,12 milliard de dollars dans le monde. Ce succès reflète plusieurs tendances de fonds qui expliquent l’intérêt des sociétés de gestion. L’explosion des données en tous genres et de la puissance de calcul des ordinateurs, l’interconnexion croissante des objets (« IoT »), et l’innovation continue en matière d’algorithmes et de recherche scientifique ont permis l’émergence de technologies et de solutions automatiques capables de résoudre un nombre croissant de problèmes que jusqu’ici seuls l’homme pouvait traiter.

Le développement de la robotique et de l’IA au cœur de la quatrième révolution

Selon des prévisions de Tractica, spécialisée dans l’étude des marchés, le marché de l’intelligence artificielle devrait croître de 643,7 millions de dollars évalués sur 2016 à 36,8 milliards de dollars d’ici 2025. 

Au Japon, qui est l’un des pays ou les robots sont les mieux acceptés, le taux de chômage est au plus bas depuis 22 ans. Il est en effet tombé à 2,8 % en mars 2017. Malgré ce taux de chômage très faible, l’avis publié par le Nomura Research Institute conclut que 49 % des emplois présenteraient un haut risque d’automatisation au Japon.

Dans de nombreux pays en Europe et aux USA, il existe aujourd’hui un important débat pour savoir si robotique et IA seront en compétition avec les humains ou coexisteront. La montée en puissance de la robotique et des technologies IA suscitent des réactions contradictoires. Entre inquiétudes et optimismes, les réactions sont nombreuses.

Mais que disent les rapports ou études et peuvent-ils fournir des éléments de réponse au débat.

Transformations profondes, incertitudes sur les impacts de la robotisation et de l’IA sur l’emploi

La première étude sur l’incidence de la robotique «The Future of Employment: How susceptible are jobs to computerisation ?» publiée le 17 septembre 2013, avant l’enquête réalisée par le Forum Economique Mondial (WEF), par deux économistes de l’Université d’Oxford, prévoyait la disparition de 50 % des emplois aux Etats-Unis.

L’étude Roland Berger d’octobre 2014, qui analyse l’impact de la transformation digitale sur les classes moyennes prévoyait que :

« 42% des métiers présentaient une probabilité forte du fait de la numérisatio de l’économie. Pour la première fois, les métiers automatisables ne sont pas uniquement les métiers manuels. Des tâches intellectuelles de plus en plus nombreuses sont prises en charges par les outils numériques ».

« La hausse de la productivité liée à la numérisation de l’économie pourrait générer 30 mds€ de recettes publiques additionnelles et (environ) 30 mds€ d’investissements privés supplémentaires, à la condition que les pouvoirs publics engagent une stratégie volontariste d’adaptation de la France aux défis posés par la révolution digitale ».

L’enquête réalisée en janvier 2016 par le Forum économique mondial de Davos concernant les 15 premières économies mondiales dont la France, intitulée « The Future of Jobs », fait apparaître que la robotisation croissante, mais plus globalement l’intelligence artificielle et l’automatisation, auront un impact très négatif sur les marchés du travail.

Face aux études alarmistes, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) en France évaluait à moins de 10% le nombre d’emplois directement menacés par l’automatisation. Cette analyse est basée sur une approche par tâches et non  par métiers.

France Stratégie dans sa note d’analyse « L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore » de juillet 2016 rappelait la forte influence de la première étude de 2013 et soulignait les biais de cette étude. En effet, nous vous invitons à prendre connaissance des travaux de l’équipe de recherche allemande ayant travaillé́ pour l’OCDE (Melanie Arntz et al.) et qui a pointé les limites de cette étude.

La conclusion principale des auteurs de l’étude pour l’OCDE est en effet « qu’il est peu probable que l’automatisation et la numérisation détruisent un grand nombre d’emplois. Cependant, les travailleurs peu qualifiés souffriront plus des coûts d’ajustement car leur emploi est davantage susceptible d’être automatisé que pour les travailleurs qualifiés. Ainsi, le défi futur consiste probablement à faire face à la croissance des inégalités et à veiller à former (ou former à nouveau) les travailleurs peu qualifiés ».

En juillet 2016, le Boston Consulting Group publiait son étude « Inside OPS: Are your operations ready for a digital revolution » en s’intéressant à la « Révolution Robotique » à l’horizon 2025. Cette étude a confirmé l’avis que certaines industries sont plus susceptibles de bénéficier de la robotique en raison des salaires élevés et des tâches automatisées.

Très récemment, The US National Bureau of Economic Research a publié fin mars 2017 son document de travail intitulé «Robots and Jobs: Evidence from US Labor Markets “ dans lequel des réponses concrètes sont apportées à beaucoup de questions qui font débats sur l’impact de la robotisation sur l’emploi.

Les deux économistes analyse l’effet de l’augmentation de l’utilisation du robot industriel entre 1990 et 2007 sur les marchés du travail local des États-Unis.

Selon la démarche d’analyse qui est la leur, ils en concluent que les robots peuvent réduire l’emploi et les salaires et que les effets locaux du marché du travail des robots peuvent être estimés en régressant la variation de l’emploi et des salaires sur l’exposition aux robots dans chaque marché du travail local. Selon leurs estimations, « un robot de plus par millier de travailleurs réduit le ratio d’emploi / population d’environ 0,18-0,34 points de pourcentage et les salaires de 0,25 à 0,50% ».

Organiser la gouvernance et penser la complémentarité humain – robotique – IA

Que retenir finalement de l’ensemble des rapports et études sur l’analyse des enjeux et des impacts de l’automatisation, de la robotisation et de l’IA sur l’emploi ?

En premier lieu, comme le relève France Stratégie dans sa note analyse n°49 « de juillet 2016, les emplois automatisables sont en nombre limités et l’automatisation de l’emploi ne se résume pas qu’à une question technologique.

Mentioned in Boston Consulting Group. Sources : US Bureau of Labor Statistics, « International Labor Compensation Coasts in Manufacturing Industries, 2012 ».

Il y a d’autres facteurs qui influencent le déploiement des robots et automates qui sont :

  • le mode d’organisation du travail,
  • l’acceptabilité́ sociale,
  • le positionnement en gamme,
  • la rentabilité́ économique.

L’autre raison pour laquelle il est difficile de prévoir les effets des progrès de l’automatisation et de la robotisation sur l’emploi est que l’automatisation ou la robotisation ne risque pas seulement de détruire des emplois, robotisation, automatisation et IA sont aussi susceptibles d’en créer.

Face aux inquiétudes qui surgissent sur les impacts de l’automatisation, la robotique et l’IA, il apparaît plus que jamais nécessaire de penser la complémentarité humain-robotique-IA.

Pour s’inscrire dans la pensée de la complémentarité, trois principes semblent se dégager pour parvenir à un déploiement harmonieux de la robotique et de l’intelligence artificielle :

  • premier principe directeur : veiller à ce que la robotique et l’IA soit toujours au service de l’humain ;
  • second principe directeur : identifier les modalités de complémentarités vertueuses entre l’humain et la robotique et l’IA afin de s’assurer que le déploiement de la robotique et de l’intelligence artificielle soit toujours réalisé en mettant en avant une démarche préalable d’évaluation des risques et de partage de valeurs entre la société civile et les acteurs de la chaine de valeurs. Cette approche devrait également permettre de mieux identifier les potentiels combinés pour l’humain du recours à la robotique et à l’IA mais aussi les limites ou obstacles ainsi que les conséquences qui en découleront pour l’humain. Ce second principe implique de s’interroger systématiquement sur la répartition des gains de productivité résultant du couplage automatisation, robotique et IA ;
  • troisième principe directeur : garantir l’acceptabilité sociale afin d’assurer une complémentarité entre l’humain,robotique et IA.

Face au développement du numérique, de la robotique et de l’intelligence artificielle, et aux transformations continu des métiers en profondeur, il apparaît que la formation individuelle tout au long du cycle de vie professionnelle sera déterminante afin de favoriser l’adaptation nécessaire de l’humain aux technologies de la robotique et de l’IA. Seule une formation individuelle tout au long du parcours professionnel permettra d’anticiper les mutations résultant du déploiement de ces technologies et de gérer le risque cognitif, qui devrait devenir un nouveau risque en entreprise dans les 5 prochaines années.

Si l’hypothèse d’une destruction massive d’emplois est loin d’être totalement avérée mais ne peut être totalement exclue, il faut se préparer à ce que la nature des emplois mutent sous l’influence de l’IA, de l’automatisation et de la robotique.  

Le couplage automatisation, robotique et IA va inconstestablement contribuer à supprimer les tâches les plus répétitives réalisées par l’humain et peut contribuer à une augmentation de l’humain dans ses activités domestiques et professionnelles, à la condition que l’humain garde toujours la maîtrise sur les technologies et puisse reprendre la main sur les technologies de la robotique et de l’IA.

Pour en savoir plus – For more information :

 Operations with New Robotic Process Automation Technology – Nomura Research Institute (NRI) Automates Post-trade

Robots and Jobs: Evidence from US Labor Markets, The National Bureau of Economic Research, USA – March, 2017

Inside OPS: Are your operations ready for a digital revolution – Boston Consulting Group. July, 2016.

L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore, Note d’analyse n°49, France Stratégie, Juillet 2016.

Arntz, M., T. Gregory et U. Zierahn  (2016), « The Risk of Automation for Jobs in OECD Countries : A Comparative Analysis », OECD Social, Employment and Migration Working Papers, No. 189, Éditions OCDE, Paris.

The Future of Jobs, FEM (WEF 2017) – January, 2016.

Les classes moyennes face à la transformation digitale. Comment anticiper ? Comment accompagner ? Boston Consulting Group, Octobre 2014.

The Future of employment:How susceptible are jobs to computerization? Carl Benedikt Frey† and Michael A. Osborne‡ September 17, 2013.

 

Intelligence artificielle : Vers la définition d’une stratégie IA pour la France

Intelligence artificielle : Vers la définition d’une stratégie IA pour la France

Tribune pour des « lois » de l’intelligence artificielle

Les questions juridiques et éthiques soulevées par l’intelligence artificielle (I.A.) sont particulièrement d’actualité. En effet, se déroule en ce moment même en Suisse, depuis le 17 janvier et jusqu’au 20 janvier prochain, l’édition 2017 du Forum économique mondial de Davos (#wef17).

#Humanity by Default et by Design

A Davos, lors d’un Key Moments « An Insight, An Idea », Sergey Brin, cofondateur de Google (aujourd’hui Alphabet) a donné sa vision de l’évolution technologique résultant de la robotique et surtout de l’intelligence artificielle ainsi que la place de l’humain.  Sergey Brin « n’a pas prévu la révolution de l’intelligence artificielle qui a transformé l’industrie de la technologie ».

Sergey Brin (Google Alphabet) His vision of Artificial Intelligence at World Economic Forum https://www.youtube.com/watch?v=ffvu6Mr1SVc

Sergey Brin (Google Alphabet) His vision of Artificial Intelligence at World Economic Forum

#WEF17 Davos – An Insight, An Ideal With Sergey Brin.

A la question « Où l’IA nous mènera-t-elle ? », Sergey Brin a répondu « Que peuvent faire ces choses? Nous ne connaissons pas vraiment les limites ». Sergey Brin a ajouté « Il a des possibilités incroyables. Je pense qu’il est impossible de prévoir avec précision ».

A l’instar des trois lois de la robotique d’Asimov, lors du Forum Economique Mondial,  Ginni Rometty, Chairman, Président and CEO d’IBM a également proposé trois principes éthiques pour une responsabilité éthique de l’IA.  

Ces trois principes  légèrement reformulés sont les suivants :

  • premier principe – Humanity by Default et By Design. Le but de l’intelligence artificielle et l’augmentation des capacités de l’humain, de l’utilisateur, l’IA doit toujours être au service de ce que font les humains ;
  • deuxième principe – Transparence et connaissance des capacités d’apprentissage et des données utilisées. L‘humain doit pouvoir à tout moment savoir qu’il utilise un sytème d’intelligence artificielle, comment l’apprentissage supervisé a été réalisé et avec quelles données ;
  • troisième principe – Compétence et formation aux technologies cognitives et à l’IA. L’humain doit avoir les compétences et être formé aux technologies cognitives afin de garder le contrôle de l’intelligence artificielle.

Ginni Rometty, Chairman, Président and CEO d’IBM World Economic ForumSo

Source : WEF 2017 Ginni Rometty, Chairman, Président and CEO d’IBM.

Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle – Plan France IA

La France n’est pas en reste et les autorités publiques souhaitent également une réflexion, sur les enjeux et défis de l’Intelligence artificielle.  

Pour Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargé du Numérique et de l’Innovation et Thierry MANDON, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, doivent annoncer demain matin 20 janvier le lancement du plan France IA, pour la définition de la Stratégie de la France pour l’intelligence artificielle.

Quels sont les bénéfices attendus du développement de l’intelligence artificielle et de ses applications ? Quel sera l’impact de l’accélération actuelle du recours à l’IA dans de nombreux secteurs d’activité, sur la société, le travail et l’économie ? Autant de questions qui se posent aujourd’hui.

D.G,  (c) 19.01.2017

Intelligence artificielle : recommandations IEEE pour une conception éthique

Intelligence artificielle : recommandations IEEE pour une conception éthique

 

L’Association des normes IEEE présente dans le document intitulé Ethically Aligned Design (EAD),  (Conception éthique alignée) sa vision sur la manière dont les technologies intelligentes et autonomes peuvent être alignées sur les valeurs morales et ses recommandations pour que les principes éthiques donnent la priorité au bien-être humain.

Conception  éthique alignée –  « Ethically Aligned Design (EAD) »

Ce document de 138 pages, réalisé dans le cadre de l’IEEE Global Initiative for Ethical Considerations in Artificial Intelligence and Autonomous Systems (The « IEEE Global Initiative ») rassemble les regards croisés de leaders des communautés de l’intelligence artificielle et des systèmes autonomes. Ce document est disponible en téléchargement dans sa version 1 sous licence US Creative Commons. 3.0 pour un usage non commercial.

L’IEEE propose en alignant les créations de l’intelligence artificielle et des systèmes autonomes avec les valeurs des utilisateurs et de la société de prioriser l’augmentation du bien-être humain comme comme métrique pour le progrès de l’ère algorithmique.

L’IEEE met en avant la doctrine philosophique de l’eudémonisme d’Aristote laquelle pose comme principe que le bonheur est le but de la vie humaine et qu’il n’est pas opposé à la raison, il en est la finalité naturelle.

Qui est l’IEEE ?

L’Institute of Electrical and Electronics Engineers(1) ou « IEEE » ou I3E, association professionnelle de droit américain, regroupe la plus grande organisation professionnelle dans le monde dédiée aux technologies avancées, avec plus de 430 000 membres, dont plus de 120 000 étudiants,  dans plus de 160  pays dans le monde.

Pour des raisons historiques, l’Association des normes IEEE est majoritairement implantée aux USA même si elle se développe également hors des USA. IEEE mondial est composé de 10 Régions : 7 Régions aux USA et au Canada, la Région 8 regroupe l’Europe, l’Afrique et le Moyen Orient, la Région 9 regroupe l’Amérique Latine et enfin la Région 10 regroupe toute l’Asie. Chaque Région est elle même organisée en section, une section par pays. La section IEEE Franceregroupe environ 4 000 membres.

IEEE  est constituée d’ingénieurs en électricité, électronique, informatique et en télécommunications. Le document publié par l’Association des normes de l’IEEE intitulé  « Ethically Aligned Design » présente la vision sur la manière dont les technologies intelligentes et autonomes peuvent être alignées sur les valeurs morales et les principes éthiques afin de donner la priorité au bien-être humain.

IEEE Global Initiative et programme IEEE TechEthics.

Le document EAD a été créé par de multiples comités de l’IEEE Global Initiative. Il rassemble les regards croisés de multiples voix des communautés de l’Intelligence artificielle et des systèmes autonomes.

IEEE TechEthics est un nouveau programme « conçu pour favoriser une conversation ouverte, large et inclusive sur l’éthique dans la technologie en apportant une multitude de voix dans la discussion. Ce programme  a pour objet de traiter « des implications éthiques et sociales dans une grande variété de domaines technologiques – des interfaces cerveau-machine à l’augmentation humaine, à la robotique de service aux dispositifs médicaux et plus encore. L’accent initial est mis sur l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes ».

Structure et contenu de l’EAD.

Ethically Aligned Design (EAD) se présente sous la forme d’un document de 138 pages établi dans le cadre de « IEEE Global Initiative for Ethical Considerations in Artificial Intelligence and Autonomous Systems«  (The « IEEE Global Initiative »). Ce document est disponible en téléchargement dans sa version 1 sous licence Creative Commons. 3.0 pour un usage non commercial Etats-Unis.

Le document « Ethically Aligned Design » représente la vision collective de plus d’une centaine de leaders mondiaux et d’experts en intelligence artificielle, éthique et questions connexes.

Le document Ethically Aligned Design contient huit sections distinctes, chacune aborde abordant un sujet spécifique lié à l’IA et aux systèmes autonomes  ayant fait l’objet d’une discussion par un comité spécifique de l’Initiative mondiale de l’IEEE.

Les huits (8) sections de l’EAD sont les suivantes :

  1. Principes généraux
  2. Intégration de valeurs dans les systèmes autonomes intelligents
  3. Méthodologie pour orienter la recherche éthique la conception
  4. Sécurité et bienfaisance de intelligence artificielle générale (AGI) et de la superintelligence artificielle (ASI)
  5. Données personnelles et contrôle d’accès individuel
  6. Recadrage des systèmes d’armes autonomes
  7. Economie et questions humanitaires
  8. Loi.

Les 3 principes généraux de l’IEEE.

Les trois (3) principes généraux résultant des discussions au sein du Comité des principes généraux de l’IEEE s’applique à tous les types d’intelligence artificielle et à tous les systèmes autonomes.

Ces trois (3) principes généraux dégagés par le comité sont fondés sur des préoccupations éthiques de haut niveau :

  • Incarner les idéaux les plus élevés des Droits de l’Homme ;
  • Donner la priorité au bénéfice maximum pour l’humanité et l’environnement naturel ;
  • Atténuer les risques et les impacts négatifs à mesure que l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes évoluent en tant que systèmes socio-techniques.

Les trois principes généraux et recommandations identifiés pourront servir à étayer et échafauder les normes et les normes futures dans un nouveau cadre de gouvernance éthique pour la conception éthique de l’IA et de systèmes autonomes (SA).

Les problèmes posés par l’application des trois principes généraux.

L’application des trois principes généraux dégagés par le Comité Principes Généraux posent de nombreux problèmes. Ces problèmes sont relatifs à l’encadrement du principe :

  • de non-violation des Droits de l’Homme,
  • de responsabilité,
  • de transparence,
  • d’éducation et de sensibilisation afin de minimiser les risques des technologies IA et SA.

Le débat public sur les questions d’éthique en Intelligence Artificielle.

Ce document est également destiné à lancer le débat avec le grand public pour identifier et trouver un large consensus sur des questions éthiques urgentes et des recommandations concernant les technologies de l’IA et des systèmes autonomes.

Ethically Aligned Design peut être téléchargé sur le site de l’IEEE.

Les commentaires sur le design éthique doivent être envoyés par courrier électronique au plus tard le 6 mars 2017 et seront rendus publics au plus tard le 10 avril 2017 à l’initiative mondiale de l’IEEE pour les considérations éthiques en intelligence artificielle et en systèmes autonomes.

Les commentaires du public sont disponibles via les lignes directrices sur les présentations. Les comités nouveaux et existants contribuant à une mise à jour de la conception éthiquement alignée seront présentés lors de la rencontre en face-à-face de l’Initiative mondiale de l’IEEE au Centre Robert S.Strauss de l’Université du Texas à Austin qui se tiendra du 5 au 6 juin 2017.

Les commentaires publiquement disponibles en réponse à cette demande de contribution seront examinés par les comités et les participants de la réunion pour inclusion potentielle dans la seconde version  de Ethically Aligned Design qui sera publié à l’automne 2017.

Le programme de travail de l’IEEE Standards Association et les projets de normes (Standards).

Le plan stratégique de l’IEEE pour la période 2015-2020 est une partie vitale de l’évolution en cours  d’IEEE. Le plan fournit une image claire des évolutions d’IEEE, des buts poursuivis ainsi que les initiatives et orientations de l’IEEE pour les années à venir.

Le deuxième objectif de l’initiative mondiale IEEE est de fournir des recommandations pour les normes de l’IEEE basées sur une conception alignée (axée) sur l’éthique.

Le premier projet normalisé de l’IEEE (approuvé et en cours de développement) inspiré par l’initiative est l’IEEE P7000– Modèle de processus pour résoudre les problèmes éthiques au cours de la conception du système.

Deux autres projets de normes, IEEE P7001™ – Transparence des systèmes autonomes et IEEE P7002™ – Protection des données, ont été approuvés, démontrant l’influence pragmatique de l’initiative sur les questions d’éthique relatives à l’intelligence artificielle et aux systèmes autonomes.

D.G, (c) 05.02.2017.

 

Pour en savoir plus.

Vous pouvez consulter l’Initiative mondiale IEEE  ou contacter l’équipe de relations publiques de l’IEEE-SA.

IEEE « Ethically Aligned Design » –  Download Complete Document.

IEEE « Ethically Aligned Design » – Download Overview Document.

(1) Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (En Français).

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